Moins d’acquis, plus d’acquêts

Moins d’acquis, plus d’acquêts

« Touche pas à ma retraite, ne change rien à mon assurance-maladie (la meilleure du monde !...), ne limite en rien les moyens de l’Education Nationale ». On a beau évoquer les difficultés budgétaires, les changements sociétaux introduits chez la plupart de nos principaux partenaires, la chanson ne varie guère.

Enumérer la liste des pôles de résistance ne sert à rien. Tout se passe « en amont ». C’est la « culture » française qui se trouve défiée de l’extérieur, et qui, ancrée dans les esprits, refuse de « muter » (cf édito). Le plus probable est qu’il y aura encore beaucoup de défilés pour s’opposer à la modernisation de notre système de retraites, à la réforme de l’assurance-maladie et à la rénovation de notre système éducatif : monolithique, étatique et bureaucratique.

Les plus conservateurs nous disent : le monde bouge, c’est peut-être vrai, mais la France a bien le droit de ne pas suivre ; les « acquis sociaux » ne sont pas négociables. Bref, nous sommes en 1945, nous avons fait encore mieux depuis (35 heures et retraite à 60 ans à la clé), ces acquis sont intouchables (même si cela doit compromettre la situation de nos descendants...).

Voilà pour la version la plus dure. Est-ce là un mur de béton? Peut-être pas. Aujourd’hui certains experts se permettent de proposer des systèmes où la notion de liberté retrouverait la place qui lui est due en démocratie. Pour les retraites, on peut maintenant parler, sans risque d’excommunication, de comptes à points : chacun partirait à l’âge qu’il déciderait lui-même et toucherait une pension calculée en fonction des points accumulés et de la valeur du point. Autrement dit : moins d’acquis, plus d’acquêts.

S’agissant de la santé, on parle de responsabiliser les ménages. D’autres, plus audacieux, plaident pour une privatisation partielle de l’assurance-maladie. Ce qui, pour le moment, est encore synonyme d’horreur absolue. Mais pourquoi le couple liberté / responsabilité ne pourrait-il enfanter une solidarité new-look? Coup sur coup, la Cour des comptes a remis en cause la gestion de l’Education Nationale et de l’assurance-maladie, ce qui a remué une partie du « microcosme ». Cela nous change. Mais en fait de pédagogie, nous n’en sommes qu’au début : aux prémices!

Albert Merlin


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